Maladie des griffes du chat : comprendre, prévenir, réagir
La maladie des griffes du chat est une infection bactérienne transmissible du chat à l’homme. Causée par Bartonella henselae, elle évolue favorablement dans la grande majorité des cas chez les personnes en bonne santé. Identifier les situations à risque et adopter des gestes préventifs suffit, dans la plupart des cas, à limiter l’exposition.
Ce qu’est réellement cette infection
La maladie des griffes du chat est une zoonose : une maladie transmissible de l’animal à l’humain. La bactérie responsable, Bartonella henselae, circule naturellement dans l’organisme de nombreux chats sans provoquer de symptômes chez eux. Le chat est ce que les vétérinaires appellent un réservoir sain.
L’infection reste souvent bénigne chez les adultes immunocompétents. Elle peut en revanche prendre une forme plus sévère chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies : enfants en bas âge, patients sous traitement immunosuppresseur, personnes âgées fragiles.
Comment la bactérie se transmet
Le rôle central des puces
Contrairement à ce que son nom suggère, la transmission ne provient pas directement de la griffe. La bactérie circule entre les chats par l’intermédiaire des puces, et plus précisément de leurs déjections, qui se déposent sur le pelage. Quand un chat porteur griffe ou mord, ces déjections peuvent pénétrer dans la plaie.
Le léchage d’une plaie ouverte par un chat est un autre mode de contamination possible, plus rare mais documenté.

Le chat n’est pas dangereux pour autant
Être porteur de Bartonella henselae ne rend pas le chat malade. Il ne présente aucun signe clinique particulier et ne justifie aucun isolement. La maladie des griffes du chat ne constitue pas une raison valable d’envisager de se séparer de son animal.
Qui présente le plus de risques
Les chatons de moins d’un an
Les jeunes chats sont statistiquement plus souvent porteurs de la bactérie que les adultes. Pour les personnes appartenant à une population fragile, adopter un chat adulte déjà traité contre les parasites est une option à envisager.
L’environnement du chat
Un chat qui fréquente l’extérieur, des chats errants ou un refuge présente un risque de portage plus élevé. Les régions à climat chaud et humide, favorables à la survie des puces, sont également associées à une prévalence plus importante.
Symptômes chez l’humain : quand s’inquiéter
Le tableau clinique habituel comprend trois signes successifs, apparus après une griffure ou une morsure :
| Signe | Délai d’apparition | Caractère |
| Rougeur ou pustule au point de griffure | Quelques jours | Bénin, disparaît seul |
| Gonflement des ganglions proches de la zone | 1 à 3 semaines après la blessure | Signe le plus visible |
| Fièvre légère, fatigue, maux de tête | Simultanément ou après | Passager |
Ces signes se résorbent spontanément en quelques semaines sans traitement spécifique chez une personne en bonne santé. Consultez un médecin si les ganglions restent gonflés au-delà de trois semaines, si la fièvre persiste ou si vous appartenez à une population fragile.

La prévention au quotidien
La lutte antiparasitaire, levier principal
Un traitement antiparasitaire régulier, appliqué toute l’année à tous les animaux du foyer, réduit significativement le risque de portage. C’est la mesure préventive la plus efficace disponible. Votre vétérinaire peut vous orienter vers le produit adapté au profil de votre chat.
Les gestes à intégrer après une griffure
- Laver abondamment la plaie au savon, puis la désinfecter.
- Surveiller l’apparition d’une rougeur ou d’un gonflement dans les jours suivants.
- Éviter de laisser le chat lécher une plaie ouverte.
- Couper régulièrement les griffes de votre chat pour limiter la profondeur des égratignures.
Pour les personnes immunodéprimées (sous chimiothérapie, après une greffe, atteintes d’une pathologie chronique affectant l’immunité) : signalez votre situation à votre médecin traitant avant tout contact rapproché avec un chaton.

Doit-on traiter un chat porteur de Bartonella henselae ?
La réponse des experts est claire : un chat asymptomatique porteur de Bartonella henselae ne se traite pas. Aucun antibiotique ne garantit l’élimination totale de la bactérie, et une antibiothérapie inutile favorise l’émergence de résistances.
Si votre chat présente des signes persistants associés à cette infection, uvéite, fièvre durable, inflammation chronique de la cavité buccale, votre vétérinaire pourra évaluer l’opportunité d’un traitement adapté.
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