Pour reconnaître un chaton mâle ou femelle, deux critères anatomiques font foi : la distance entre l’anus et l’orifice génital, et la forme de cet orifice. Ces structures sont différenciées avant même la naissance, mais leur taille réduite dans les premiers jours rend l’identification délicate, même pour des personnes habituées à manipuler des portées. La précision augmente au fil des semaines, et comparer plusieurs chatons d’une même portée facilite le repérage.
Reconnaître un chaton mâle ou femelle dès la naissance : ce qui est vraiment visible
Les structures permettant de différencier les sexes sont formées avant la mise bas. L’identification est possible très tôt, mais la marge d’erreur reste élevée dans les deux premières semaines : les organes sont petits, le pelage peut masquer la région, et les manipulations doivent rester brèves pour ne pas stresser la mère ni les nouveau-nés.
L’observation est nettement plus facile à partir de quatre semaines. Une portée avec plusieurs chatons offre un avantage concret : comparer les individus entre eux rend les différences anatomiques plus lisibles que d’appliquer des repères absolus sur un seul chaton.

Les deux critères anatomiques à observer
La distance ano-génitale : le repère principal
Pour évaluer ce critère, soulevez doucement la queue du chaton et observez la région sous l’anus. Chez un mâle, l’espace entre l’anus (orifice supérieur) et l’orifice génital (orifice inférieur) est nettement plus large. Cette distance accrue correspond à l’espace qu’occupera le scrotum au cours du développement : elle est d’environ 13 à 15 mm à la naissance chez un mâle, contre 7 à 8 mm chez une femelle.
Chez la femelle, la vulve est placée très près de l’anus. La différence est visible à l’œil nu à condition de disposer d’un éclairage direct et de tenir le chaton de façon stable.
La forme de l’orifice génital
L’orifice génital lui-même fournit un deuxième indice. Chez le mâle, l’orifice préputial prend la forme d’un point rond. Chez la femelle, la vulve forme une fente verticale allongée.
Une aide visuelle courante : la disposition ano-génitale d’une femelle évoque la lettre « i » minuscule, avec l’anus comme point supérieur et la vulve comme trait vertical en dessous. Croiser distance et forme réduit les risques d’erreur d’interprétation, surtout chez les très jeunes chatons.
À quel âge l’observation devient fiable
| Âge du chaton | Ce que l’on observe | Fiabilité pour un non-expert |
| 0 à 2 semaines | Distance ano-génitale uniquement | Modérée : structures très petites |
| 4 à 8 semaines | Distance et forme de l’orifice | Bonne avec un éclairage adapté |
| 10 à 14 semaines | Testicules en position stable chez le mâle | Très bonne, sans ambiguïté |
Avant dix semaines, les testicules peuvent remonter et redescendre de façon intermittente : leur absence ponctuelle ne suffit pas à conclure qu’un chaton est femelle. Le tableau ci-dessus s’entend pour une observation réalisée dans de bonnes conditions, sur un chaton calme et correctement tenu.

Les pièges fréquents lors du sexage
L’absence de testicules ne suffit pas pour conclure
Un chaton mâle peut ne présenter aucun testicule visible ou palpable dans les dix premières semaines, sans anomalie. Les testicules descendent dans le scrotum dans les premiers jours après la naissance, mais peuvent remonter de façon intermittente jusqu’à dix à quatorze semaines. Conclure qu’un chaton est une femelle parce qu’il n’a pas de testicules palpables est une erreur fréquente.
La cryptorchidie (persistance d’un ou des deux testicules non descendus) ne peut être diagnostiquée qu’à partir de quatre mois. Avant cet âge, l’absence de testicules reste insuffisante pour trancher.
Les mamelons ne permettent pas d’identifier le sexe
Les ébauches mammaires sont présentes chez les deux sexes. Les mamelons apparaissent chez les mâles comme chez les femelles, en nombre et en disposition comparables. Ils ne constituent pas un critère de sexage utilisable.
Les cas atypiques qui nécessitent un examen vétérinaire
Dans de rares situations, une anomalie anatomique rend l’identification impossible à l’observation seule : orifice absent, morphologie atypique ou asymétrie marquée dans la région ano-génitale. Ces situations requièrent un examen clinique, parfois complété par des analyses complémentaires. Elles peuvent concerner n’importe quelle race ou portée.
Bien observer son chaton : les conditions pratiques à la maison
Placez le chaton sur une surface propre et stable, soulevez doucement la queue et observez sous un éclairage direct. Les manipulations doivent être courtes et calmes : les nouveau-nés sont sensibles au froid et réagissent au stress.
La démarche Cat Friendly, portée par International Cat Care, préconise de minimiser les manipulations chez les très jeunes chatons et de respecter des conditions d’examen apaisantes dès le premier contact. C’est un repère utile pour identifier une clinique attentive au bien-être félin dès le plus jeune âge.
Si vous observez plusieurs chatons d’une même portée, comparez-les entre eux plutôt que de chercher à appliquer des mesures absolues sur un seul individu : les différences de distance ano-génitale sont plus faciles à repérer en regard direct.

Quand consulter un vétérinaire pour confirmer le sexe
Plusieurs situations justifient de ne pas se fier à l’observation seule :
- Le chaton a plus de quatre mois et les testicules restent absents chez ce qui semble être un mâle : suspicion de cryptorchidie à évaluer
- Une anomalie visible dans la région ano-génitale appelle un examen clinique
- Une confirmation est souhaitée avant la stérilisation, généralement programmée à partir de cinq à six mois
- Malgré plusieurs observations dans de bonnes conditions, distance et forme ne permettent pas de conclure
La première consultation est aussi l’occasion de vérifier l’état de santé général du chaton, son développement, et de définir le calendrier de vaccination et de stérilisation avec l’équipe vétérinaire.
Prenez rendez-vous dans la clinique Mon Chat & Moi la plus proche. [Prendre rendez-vous]







